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  • Photo du rédacteurThierry Vimal

SOUPE PHO

Dernière mise à jour : 21 nov. 2022

Dans la cellule de moine

où l'on crèche

(dite aussi cabine de Vendée Globe)

dite aussi capsule Apollo 12)

– Il nous aura donné

la manie des surnoms,

ce Prom14 ! –


régime curé marin astronaute,

Menu du soir :

riz Ben’s Original

cuisiné à la méditerranéenne

tout prêt

– l’on n'a qu'à ouvrir le sachet.

L'on a découvert cette gamme

et même ce type de produit

grâce à Prom14.

Notre préféré :

nature long grain

(l'on est pas allé

jusqu'à se risquer

à poulet-champignons).


Boîte Cassegrain :

Tajine de légumes grillés

Coriandre et raisins secs

sans additif

(il fallait un S.

Si mes ex-confrères

rédacteurs d'emballages

se mettent à faire

des fautes de français

qu'attendre

des juristes ?)


Associés dans un petit saladier

riz et tajine

iront ensemble

au micro-onde.


Cœur de laitue

sachet Monoprix

là, vraiment :

berk.


Tomates cocktail.


L’on mangera tout cela

assis sur le lit

en regardant d’un œil réservé…

quoi donc ?

Tiens

Le Sens de la fête !

Du coup,

inutile de réserver l’œil :

Bacri fera du bien.

Une petite demi-heure

puis quelques lignes

de McLiam Wilson.

Depuis le début de Prom14

l’on n’a pas été capable

de voir

un seul film en entier

un seul épisode de série

de lire plus d’une page

– sauf de Eureka Street :

l’histoire de Max.


Revenons à nos assiettes.

Le surgelé

juste micro-ondé

ne fut pas convaincant.

La conserve

a notre préférence.

Jardinière de légumes.

Ratatouille.

Riste.

Petits pois carottes.

Haricots rouges.

Toujours sur lit

de riz ceci

riz cela

céréales

en festival

boulghour

blé

épeautres

petits et grands.


Rarement le soir,

nous quittons la capsule

pour l’un des deux restaurants

asiatiques

juste en bas sur Terre.

Chance :

ce sont justement

les deux meilleurs de Paris !


À présent

voyons les déjeuners.


Les midis,

souvent,

à la pause,

assis sur un banc,

Forum des Halles,

l’on se nourrit

de tentatives sincères

mais vaines

de produire du semi-industriel

de qualité

à emporter.

Salade César.

Bo Bun végétarien.

Quinoa fruits secs fromage de chèvre.

Façon niçoise.

Mix italienne jambon cru mozzarella.

Falafels : horribles.

L’on n’y trouve pas son compte.

(Là où c'est bon

y a trop la queue.)

Mais au moins

nous sommes en deça

du montant du panier repas

alloué par la Justice de France.

L’on peut ainsi se targuer

de s’alimenter

tout en gagnant de l’argent

à chaque bouchée.


Un certain déjeuner,

en proie à une envie

folle et inexpliquable

de couscous

l’on se retrouva

devant le modèle

Royal-Marrakech-Sultan-Impérial :

agneau poulet merguez boulettes

semoule à volonté.

Une heure plus tard

l'on s’endormait

en pleine audience.


Certain dimanche,

j'accompagnai

l’ami Dan You

goûter les raviolis vapeur

du Royal China

près de Beaubourg.


Alors

j'aperçus

à la terrasse du restaurant voisin

(de même culture)

un client

(de même culture)

attablé devant une soupe

(de même culture).

Et,

au bout de ses baguettes,

j'identifiai

formellement

le beau velours

de la panse.

Des TRIPES !


Quelques jours plus tard

non défait de cette image

si ravissante

presque obsédé même

je profitai

de la suspension méridienne

de l’audience

pour revenir

sur les lieux de l'apparition

seul et déterminé.


Je posai un index sûr

sur telle photo du menu.

On me mit en garde :

la soupe pho tripes

est très très épicée…

Ha ha ha !

me gaussai-je.

"Soupe pho tripes !

Et que ça saute !"

Et c’est ainsi que je mangeai

le plat

le plus piquant

de toute ma pauvre vie

incluant mes séjours

en Inde au Maghreb

aux Seychelles à la Réunion…


D’abord, les yeux coulèrent

puis le nez.

Ça, je l’avais déjà vécu

je ne déteste pas.

Mais jamais encore

je n'avais eu

les poumons brûlés.


L’on asphyxia,

impossible de reprendre

sa respiration !

L’on se cacha

des autres clients.

L’on plongea

dans une insuffisante

serviette papier

pour dissimuler le bruit

de l’effort immense

du brave diaphragme

qui, bien naturellement,

mettait les bouchées doubles

pour nous garder en vie.

L’on pensait mourir,

mais quand bien même :

on appela pas à l’aide.

Ça va passer tout seul

disait dans le lointain

la voix de la bêtise.

On a sa fierté !

(des Chinois, en plus.)

Cela passa tout seul.


De retour au tribunal

l’on demanda

une entrevue privée

au Président Raviot

afin d'obtenir de lui

l'émission d'un mandat d’arrêt

immédiat

contre les tenanciers

de ce dangereux bouiboui.


Des semaines plus tard

par partages d’expérience

et connexions psychiques

grâce à l’amie Audrey

l'on revit cette asphyxie

sous l’angle Señorita.

Sans doute cette anecdote

de l'étouffement

date-t-elle de l’époque

témoignages parties civiles.


Ce dimanche,

c'étaient quelques anecdotes

de bouche.

Il est préférable

de ne pas aborder

la partie boisson.


Je partage aussi

ce petit mais costaud

clip de rap

TROUVER LES MOTS

écrit composé

interprété réalisé

spécialement pour

Ça passe crème

par l’ami

Thomas Chamsou

– qu’il assortit de ces mots :


Pour toi, pour vous

en toute humilité.


Merci Thomas !





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